Economie verte, le plaidoyer de Saïd Mouline pour un plan de relance

Rabat a abrité, jeudi 15 avril 2021, un «Green Talk» virtuel sur l’efficacité énergétique dans le logement social et les bâtiments publics. L’atelier a abordé la question de l’efficacité énergétique dans le secteur du logement social et des bâtiments publics, ainsi que les défis et les opportunités liés à l’utilisation de mécanismes financiers, d’un cadre législatif et de politiques appropriés pour promouvoir l’énergie durable.

C’est dans ce cadre que M. Saïd Mouline, Directeur général de l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Énergétique (AMEE) a souligné que l’économie verte est un pilier de tout plan de relance, recèle un important potentiel en termes de création d’emplois pour la jeunesse au sud et au nord de la Méditerranée.

L’économie verte a gagné d’importance dans le contexte de la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19), particulièrement en Afrique, où la relance doit porter sur des axes comme l’efficacité énergétique, la mobilité durable et la décarbonation de l’industrie, a expliqué M. Mouline lors du webinaire « Green Talk », organisé par l’Ambassade du Portugal au Maroc et la Représentation de la Banque européenne d’investissement (BEI).

Le nombre d’emplois dans des métiers d’avenir liées au digital et à l’économie verte pourrait augmenter considérablement, grâce à l’accompagnement et au renforcement de capacités, a-t-il relevé, notant qu’il existe d’énormes opportunités en Afrique, eu égard à la révolution énergétique en cours, portée par les coûts compétitifs des énergies renouvelables.

Évoquant l’efficacité énergétique des bâtiments au Maroc, M. Mouline a rappelé la mise en place d’une réglementation thermique en la matière, ajoutant qu’il est nécessaire de veiller à la consommation d’électricité au niveau des bâtiments, dans la mesure où une maison bien isolée est moins gourmande en électricité.

Et de faire part de l’identification de 6 zones climatiques à travers le Maroc compte tenu des spécificités régionales, notant que les acteurs du secteur, à l’instar des architectes, ont besoin d’un accompagnement technique, des formations et des solutions de financement.

De son côté, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Maroc, Claudia Wiedey, a souligné que l’efficacité énergétique fait partie des initiatives stratégiques mises en avant dans le cadre du « Green deal » pour l’Europe, dans la perspective de limiter la consommation d’énergie, réduire les émissions du gaz à effet de serre et améliorer la sécurité d’approvisionnement.

En parallèle avec la mise en œuvre du Green deal, qui constitue la nouvelle stratégie de croissance de l’Europe, pour assurer une durabilité environnementale économique et sociale, une action conjointe avec les partenaires internationaux est une nécessité absolue pour réussir, a-t-elle insisté.

Et de mettre en exergue, le soutien apporté par l’UE au Maroc, dans le passé, à 9 projets d’efficacité énergétique dans le bâtiment et récemment l’appui à la création des instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique pour améliorer l’employabilité des candidats.

La représentante de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) au Maroc, Anna Barone, quant à elle, a indiqué que la Banque est prête à soutenir la mise en place du partenariat vert Maroc-UE à travers le financement des investissements avec une forte valeur ajoutée en termes de changement climatique.

Mme. Barone a rappelé que la BEI a pris des engagements concrets, à l’instar de sa stratégie d’intervention dans des secteurs comme celui de l’énergie, intitulée « new energy lending policy », avec un focus sur la décarbonation et l’efficacité énergétique, notant que la feuille de route de la BEI vise à en faire la banque de climat de l’UE pour soutenir des investissements conséquents dans le secteur.

Pour sa part, le président du directoire du groupe Al Omrane, Badr Kanouni, a mis en avant l’engagement du groupe sur le plan environnemental, en tant que donneur d’ordre public majeur qui veille à la sensibilisation et la promotion du développement durable auprès de son écosystème.

Le groupe a mis en place une charte au niveau environnemental, renforcée par une charte RSE, a-t-il rappelé, notant qu’Al Omrane se conforme à la réglementation thermique dans la déclinaison des cahiers de charges correspondants aux différents intervenants qui réalisent et portent les projets du Groupe.

« Nous avons une intervention forte et des responsabilités pour donner l’exemple et entraîner avec nous le maximum d’intervenants qui nous accompagnent », a assuré M. Kanouni, faisant observer la mise à niveau du plusieurs sièges du groupe au niveau environnemental et l’allocation d’un budget de 5 millions de dirhams (MDH) pour la recherche et développement dans ce domaine.

Placée sous le thème « Efficacité Énergétique dans le logement social et les bâtiments publics : opportunités et défis », cette rencontre s’inscrit dans une série d’environ 25 discussions, transmises depuis les capitales des deux continents, qui alimenteront le Forum de Haut Niveau UE-Afrique sur l’Investissement Vert, qui aura lieu à Lisbonne le 23 avril.

Le forum de haut niveau réunira des représentants du gouvernement et des entreprises, des institutions financières et de développement internationales, de la société civile et du monde universitaire, présentant des perspectives sur le développement durable et l’investissement vert.

Ce sera l’occasion de partager des expériences et des approches innovantes pour mobiliser des capitaux privés et publics pour soutenir la transition verte en Afrique et en Europe, montrant comment un modèle d’entreprise vert et durable peut être rentable, créer des emplois et de la richesse, tout en aidant le monde à atteindre ses objectifs climatiques.

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