DES CHERCHEURS SUISSES POUR LA RÉDUCTION DE L’EMPREINTE CARBONE DE LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ

Berne- Pour réduire l’empreinte carbone de la production d’électricité, mieux vaut augmenter le prix des certificats d’émissions de CO2 que subventionner les énergies renouvelables, telle est la conclusion à laquelle sont arrivés des chercheurs suisses de la Haute école spécialisée des Grisons (FHGR), avec des chercheurs allemands et autrichiens, après avoir comparé la situation en Allemagne et en Grande-Bretagne.

Ainsi, l’Allemagne, qui vise une réduction de 55% des gaz à effet de serre d’ici 2030, voire la neutralité climatique d’ici 2050, mise en premier lieu sur le soutien à l’éolien et au solaire, a indiqué vendredi la Haute école spécialisée des Grisons dans un communiqué.

La Grande-Bretagne suit une autre stratégie, avec une taxe carbone sur la production d’électricité. « Cela a porté le prix effectif du CO2 à plus de 35 euros la tonne », indique Adhurim Haxhimusa, de la FHGR, cité dans le communiqué.

En Allemagne en revanche, le prix des certificats d’émissions – ou droit de polluer – est resté longtemps au-dessous de 10 euros la tonne. Résultat: alors qu’en Allemagne, le secteur de l’électricité n’a que modérément réduit ses émissions, la Grande-Bretagne affiche une baisse de 55% depuis l’introduction de la taxe en 2013.

La méthode britannique a eu pour conséquence le remplacement des centrales à charbon, très polluantes, par des centrales à gaz, transfert qui n’a pas eu lieu dans la même proportion en Allemagne où elles sont restées rentables, soulignent les auteurs. Pire, le subventionnement des énergies renouvelables y a pour conséquence que les centrales à gaz disparaissent avant celles au charbon.

Conclusion: « Même avec une hausse modérée du prix du CO2, le charbon n’est plus rentable et les émissions baissent considérablement », note M. Haxhimusa.

Les auteurs voient dans ce transfert vers le gaz en tant que technologie transitoire une manière efficace et économique de réduire considérablement les émissions de CO2. A plus long terme, en tant qu’énergie fossile, le gaz devra être remplacé par des sources renouvelables. Ces travaux sont publiés dans le Journal of Environmental Economics and Management.

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