Revivez les tables rondes du Forum de l’éclairage LED

Table ronde 1: De la nécessité d’un cadre réglementaire à de réelles opportunités de création de valeur

Le forum de l’éclairage LED s’est articulé autour d’une panoplie de thématiques abordées par différentes tables rondes portant chacune sur un thème central bien ciblé sur l’éclairage à Led. Ce forum se voulait un cadre opportun de concertation sur la technologie Led et son apport en termes d’efficience énergétique et de confort. D’un autre côté, le FEL a été une occasion particulière de braquer les projecteurs sur les acteurs de la lumière marocaine, sur les innovations du secteur de l’éclairage et sur ses limites également. Il est aujourd’hui perçu comme le rendez-vous annuel des éclairagistes au Maroc.

Aussitôt après le discours du Directeur du Forum et de Publication de la Revue Electra Maroc, la première table ronde dédiée à l’état des lieux et aux tendances du marché des Led au Maroc a pu prendre place. Il s’agissait de dessiner un croquis fidèle du marché actuel de l’éclairage Led dans le Royaume et pour ce faire l’assistance a pu bénéficier de la clairvoyance et de l’expérience d’acteurs reconnus tels que Monsieur Issam ALOUZ, Chef de l’IMANOR, Madame Rym BELHAJ, Directrice de NOVADAY Maroc, Monsieur Mohammed AKAZAF, Professeur Architecte de l’ENA, Monsieur Mustapha NAZIH, Chef de Division Essais sur Produits Electriques, LPEE ainsi que Monsieur Abdel Hadi BENNIS, Président du Club Environnement de l’Association Ribat El Fath.

Cette première table ronde a vu naitre d’intéressantes idées très porteuses entre l’IMANOR, LPEE et l’AMEE. De ce fait, différents points cruciaux ont été abordés et peuvent être structurés comme suit:

Le manque de normes au Maroc et surtout dans le secteur de l’éclairage, la volatilité des prix et l’absence de contrôle Table ronde 1: De la nécessité d’un cadre réglementaire à de réelles opportunités de création de valeur de la qualité sur le marché de la Led affectent de plein fouet le secteur et l’empêchent de révéler sa pleine puissance. Une situation alarmante qui a poussé l’ensemble des intervenants à s’inquiéter de la santé des consommateurs marocains exposés à certaines technologies non suivies, non certifiées et qui ont un effet néfaste certain sur l’homme. Ce constat malheureux a été fait de manière unanime: «le Maroc n’est pas un pays créateur de normes. » Toutefois des mesures incitatives sont en train d’être mises en place par l’IMANOR en vue de sensibiliser d’avantages les industriels afin que ces derniers puissent intégrer les commissions de normalisations. A ce jour le Maroc ne compte que 08 commissions dans le secteur électrique, un énorme gap à combler selon Monsieur ALOUZ.

Ce premier débat a permis également d’établir le lien entre l’éclairage Led et l’efficacité énergétique, en ce sens que cette technologie serait une belle alternative pour l’éclairage public des villes soucieuses de baisser leurs factures énergétiques liées à ce dernier. Parlant d’efficacité énergétique, l’Ecole Nationale d’Architecture n’est pas en reste et à sa manière inculque les valeurs et notions de préservation de la ressource aux élèves architectes: les concepteurs de demain.

Ce fut également l’occasion de découvrir le lien particulier qui existe entre la lumière et l’architecture en ce sens que l’éclairage permet la révélation, la mise en valeur de cette dernière.

Interventions
Issam ALOUZ, Chef de Service Énergie,Eau et Développement Durable, Institut Marocain de Normalisation (IMANOR)

“Il faut accélérer le rythme d’adoption des normes dans le domaine électrotechnique, exploiter au maximum les possibilités offertes par la loi 12-06 et engager dans les plus brefs délais des concertations pour définir les besoins en termes de normalisation et activités connexes au profit du secteur. En ce sens l’IMANOR a mis en place un guide d’achat public ou a été regroupé l’ensemble des normes concernées par l’achat public transmis à l’ensemble les acheteurs publics. Par ailleurs, être membre d’une commission de normalisation en France est sujet à des frais; ce qui n’est pas encore le cas au Maroc car le contexte est différent: nous sommes en phase d’incitation des acteurs.»

 

Rym BELHAJ, Directrice Générale NOVADAY Maroc

«Il existe sur le marché des produits qui ne répondent pas aux exigences des fiches techniques et pouvant représenter de sérieuses menaces pour la santé du consommateur marocain. Il ne faut essayer de réinventer la roue, ce qui a été réalisé en Europe en termes de normalisation et d’incitation à la qualité peut parfaitement être introduit au Maroc. Reste à faire un travail de sensibilisation auprès des consommateurs et des clients finaux. Pour finir, je dirais que les normes sont nécessaires pour garantir la qualité, la performance et la sécurité.»

 

Mohammed AKAZZAF, Architecte Professeur, Ecole Nationale d’Architecture de Rabat (ENA)

“Il faut établir des plateformes de communication mises à jour de manière permanente entre les professionnels du secteur pour plus de coordination. Cette dernière permettra aux industriels d’uploader leurs manufactures avec leurs catalogues, ainsi que des fichiers informatiques exploitables par plusieurs types de logiciels. Cela aidera les professionnels à mettre en place des cahiers de charges en vue d’une performance accrue ».

 

 

 

 

Abdel Hadi BENNIS, Président du Club Environnement Association Ribat Al Fath

«Le secteur de l’éclairage marocain devra investir en luimême et exploiter les atouts qui sont siens, notamment en termes de cohésion et mutualisation des synergies. Heureusement que ce secteur fait partie des rares qui puissent se targuer d’une concurrence saine entre opérateurs, il faut maintenant que ces acteurs se rapprochent d’avantage des décideurs publics pour aborder à 360° les questions liées à l’émergence d’une industrie Led marocaine.»

 

 

 

Mustapha NAZIH, Chef de Division Essais sur Produits Electriques, LPEE

Le contrôle local effectué par nos différentes délégations régionales nous a permis de faire une détection alarmante, c’est-à-dire que la contrefaçon mine profondément le secteur de l’éclairage. Cela est partiellement dû au fait qu’il n’y ait pas encore de fabricant sur le marché national, n’est-il pas temps de tout mettre en oeuvre pour un made in Morocco? La volonté, les compétences et l’expertise sont là, il ne reste plus qu’à agir.»

 

 

Table ronde 2: l’influence des Led sur les architectures de système d’éclairage

La deuxième table ronde ayant pour thématique l’influence des Led sur les architectures de système d’éclairage a été autant riche que la précédente. En effet l’expertise et l’expérience de Monsieur Patrice ESCHASSERIAUX combinées au savoir-faire et à la maitrise de Monsieur Youssef BESRI, Directeur Général de LUXIOLIGHTING ont pu faire la lumière sur un aspect technique des systèmes d’éclairage à Led.

A travers les systèmes d’éclairages Led, plusieurs questions liées à la pollution lumineuse, la facture électrique sont de facto traitées. Grace à leur durée de vie et l’évolution croissante de leur efficacité lumineuse, les Led se positionnent de plus en plus au premier rang des sources d’éclairages du futur. Aujourd’hui, ils constituent un ensemble vaste et éclectique dont les applications dépendent à la fois de la puissance électrique et de la couleur des émissions. Selon l’expert lumière, la Led nous donne cette fabuleuse opportunité de créer de la lumière dépendamment de notre besoin. Par ailleurs, notre attention a été attirée à travers ce panel sur les usages. Si, la précédente table ronde a fait la part belle aux normes techniques concernant la Led, la deuxième s’est plutôt intéressée aux normes d’usages. Les besoins en termes d’éclairage diffèrent d’un espace à un autre et il serait préférable pour rester dans la logique de l’efficacité, justifiant d’ailleurs le recours à des technologies pareilles que la Led, de prendre en considération les spécificités de chaque espace dans nos conceptions d’éclairages. Cela sous-entend que la lumière ne devrait pas être conçue d’une manière fortuite, elle doit résulter d’une étude, d’une conception de mise en lumière. Il est un peu regrettable, mais heureusement que cette table ronde y soit revenue: il n’y a pas à ce jour de formation proprement dite dans l’éclairage ou dans la conception de la lumière. Des chantiers d’envergures devront être lancés en vue d’accompagner les professionnels en termes de formations ciblées pour mettre à leur disposition une main d’oeuvre plus qualifiée.

Interventions

Youssef BESRI, Directeur Général LUXIOLIGHTING

«Le FEL a fait ressortir un problème qui n’est pas nouveau. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de normes marocaines ni de règles, du moins pour l’instant. Devant ce fait, nous essayons à notre niveau de calquer nos produits sur les normes européennes NF et CE. Suite à cette première édition du FEL, j’espère que ledit cluster sera créé pour se réunir et participer au processus de consensus sur les normes européennes. Car bien qu’il y ait actuellement une réflexion sur la normalisation, il serait préférable d’y associer les professionnels du secteur. De ce fait, c’est à nous, acteurs de la Led, de nous impliquer d’avantage à ce niveau et également sur le volet formation. Il est assez regrettable en tant que chef d’entreprise de ne pas trouver de spécialiste car tout simplement, il n’y a pas de formation d’éclairagiste. Pour pallier à cela nous recrutons des ingénieurs en électricité qui ont un background technique et les formons nous-mêmes pour les réorienter vers l’éclairage. Il est temps alors d’introduire des formations spécialisées et des Masters dédiés pour assurer la qualité et la performance de notre secteur».

 

Patrice ESCHASSERIAUX, Concepteur de mise en lumière LIGHT STAGE M

«Lorsqu’on parle de politique relative à l’éclairage, c’est d’abord savoir: qu’est-ce que la lumière? Pourquoi on éclaire? Comment on éclaire? Et comment engager un projet de mise en lumière? Pour l’éclairage public on appelle ça un schéma directeur, ou plan lumière donnant de l’intérêt aux investissements suivant les engagements et des objectifs viables. En clair, maîtriser la lumière, maîtriser les moyens, maîtriser les coûts. Ce, afin d’harmoniser les ambiances, de fluidifier la lecture de la lumière, de respecter l’environnement, d’éviter toutes pollutions lumineuses ainsi que d’améliorer le confort et la qualité visuelle tout en donnant une identité visuelle. On n’éclaire pas de la même façon une voie routière en milieu rural qu’une avenue commerciale en milieu urbain ou d’une zone résidentielle. Les sources Led ont aujourd’hui le même rendement voire plus, adaptées dans des appareils de meilleure efficacité, de durée de vie plus longue et plus sécuritaire. Elles peuvent aussi être intégrées dans un programme de gestion centralisée permettant une adaptation de l’éclairage aux besoins et usages. Un autre point qu’il est important d’aborder, c’est celui de l’information des installateurs. En vue de comprendre comment fonctionnent les appareillages LED, leur branchement, les installateurs sont tenus de connaitre tous les types de matériel, les nouvelles méthodes de branchement et les particularités à respecter. Une documentation étoffée et des séminaires de sensibilisation s’imposent sur cette évolution. La compréhension de la lumière et la technicité des appareillages LED doivent être intégrées dans la formation des professionnels d’études et d’installations.»

 

Table Ronde 3: Des systèmes d’éclairages intelligents au service de la gestion intégrée des villes

Toujours dans une approche pragmatique et novatrice, le Forum de l’Éclairage Led a eu l’ingéniosité de placer la thématique du smart lighting tout de suite après la table ronde sur l’influence des Led sur les systèmes d’éclairage qui intègrent aujourd’hui, grâce à cette source, une dimension « smart », intelligente, communicante. Ont pris part à cette table ronde, la Lydec à travers la personne de Monsieur Abdelouahed ABOUNASSER, Responsable du département Eclairage Public, LYDEC, KLK Khayatey Living en la présence de Maha BENYACHOU, Architecte auprès du Promoteur ainsi que Madame Rym BELHAJ pour le compte de la société NOVADAY Maroc. Ces professionnels ont abordé la question du « smart lighting» ou éclairage intelligent devenu désormais possible grâce à la Led notamment avec le système de télégestion qui devient une réalité bien tangible pour les villes.

En effet, ce troisième débat a démontré que le «smart lighting» est une nécessité pour une cohérence globale de l’éclairage public au Maroc en ce sens qu’il permet un contrôle à distance et une intelligence dans la gestion de l’éclairage et participera grandement à l’émergence d’une identité patrimoniale propre à chaque ville. De plus, elle accroit de manière considérable l’économie sur la facture énergétique des communes qui mobilisent à ce jour, 40% de leur budget pour l’éclairage public. Ainsi, grâce à ces systèmes innovants de télégestion et de contrôle à distance introduits par la Led, la Lydec envisage d’économiser jusqu’à 20% de la facture de la ville de Casablanca d’ici à 2020.

Interventions

Abdelouahed ABOUNASSER, Responsable du département Eclairage Public, LYDEC

«La Lydec travaille dans la mise en place de schémas directeurs d’aménagement lumière prenant en considération les besoins et spécificités de la ville de Casablanca. Des schémas d’investissement sont en cours de conception afin d’appréhender toutes les limites que connait la technologie Led, comparer ses avantages également pour en réussir la transition car les investissements sont colossaux et nous n’avons pas droit à l’erreur. Il faut encore étudier tous les paramètres et petit à petit, oeuvrer de manière intelligente à la naissance d’une certaine identité nocturne de la ville de Casablanca.»

 

Rym BELHAJ, Directeur Général NOVADAY Maroc

«NOUS avons initié l’un des premiers projets de smart lighting dans une usine où nous avons mis en place un système d’éclairage capable de s’adapter en fonction de l’apport de la lumière extérieure. Il permet de paramétrer l’éclairage de sorte à ce que la luminosité s’autorégule en fonction de différentes situations. Cela accroit l’efficacité énergétique que propose la technologie Led combiné à cet usage optimal, smart.»

 

 

Maha BENYACHOU, Architecte KLK Khayatey Living

«Une smart City, c’est d’abord une vision prospective sur l’avenir d’où le challenge à la concevoir. Dans le cadre de notre projet de Ville sportive (Smart) prévue sur 60 Hectares et dont la phase conception est terminée, nous avons mis en place une équipe multiculturelle composée d’architectes, de «master-planer», d’ingénieurs, d’urbanistes… afin de se pencher sur cette question de smart city prenant exemple sur des références telles que Dubaï Sport City. D’un autre côté, la révolution du digital a introduit une nouvelle donne, c’est-à-dire, les consommateurs ont une visibilité sur les nouvelles technologies, les nouveaux matériaux…et sont de plus en plus exigeants. Ce paramètre est entièrement pris en compte chez KLK.»

 

Table ronde 4: nouveautés dans l’industrie LED;s focus et perspectives

Parler de l’éclairage Led en une journée sans aborder les thématiques de l’innovation, du design et de l’«esthé-technique». Pour finir, la dernière table ronde de cette première rencontre des éclairagistes a abordé cette thématique centrale: «Nouveautés dans l’industrie Led». Dans ce dernier Panel Monsieur Fathi BENHATIRA, Directeur Général de Luxalight représentant la marque Brilliant au Maroc, accompagné de Monsieur Ismain MAHDAD, Maghreb Sales Manager, OSRAM ainsi que de Si Mohammed GATRANI, Ingénieur travaux, de la société DELTRA ont présenté les nouveautés et innovations de leurs différentes marques qui s’avèrent être de réelles prouesses technologiques.

Ce panel est revenu sur le parcours de la Led, de ses débuts à nos jours dans le paysage de l’éclairage au Maroc. Un constat, elle est en constante évolution alliant toujours qualité des équipements et du flux lumineux à des tarifs de plus en plus compétitifs. Le luminaire de demain si l’on en croit nos chers intervenants, sera à la fois performant, design, tout en offrant une solution d’éclairage adéquate et économique en consommation énergétique. De plus en plus puissantes et performantes, les ampoules LED se prêtent désormais à tous les usages. Séjour, salleà- manger, cuisine, bureau ou salle de bain…sont tous séduits par les prouesses de cette technologie qui n’en a pas encore fini de repousser les limites de l’innovation.

Cette technologie surprend par sa capacité à s’intégrer à tous les styles de luminaires, nous apprend Ismain MAHDAD, Maghreb Sales Manager chez OSRAM: suspensions, plafonniers… et s’est immiscée dans l’univers déco au travers des bandeaux Led pour finir par éclairer tous les intérieurs, du sol au plafond. Malgré toutes ces réalisations, les prix baissent et la technologie continue de s’améliorer. Jusqu’où ira-ton? Seul l’avenir nous le dira. De l’éclairage public à nos intérieurs, de la voiture, des smartphones à la LIFI (internet par la lumière), la Led a encore un long chemin devant elle. « Il faudra juste l’accompagner et sensibiliser les populations sur cette fabuleuse opportunité qu’offre la technologie Led», conclut le Directeur de Luxalight (INADIS), Monsieur Fathi Benhatira.

Interventions

Fathi BEN HATIRA, Directeur Général, LUXALIGHT (INADIS)

Cette année, la grande nouveauté est l’ampoule «easy dim». Idéalement conçues pour faire varier votre éclairage, les ampoules LED «dimmables» sont parfaites pour réaliser des économies d’énergies. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une ampoule capable de faire varier l’intensité de l’éclairage mais doit être utilisée de manière convenable pour ne pas endommager la lampe. Littéralement parlant, c’est dire que le variateur de lumière est intégré à l’ampoule qui a de facto la faculté de varier pour s’adapter ce qui veut dire que vous pouvez ajuster la puissance de votre éclairage en fonction de l’ambiance que vous souhaitez donner à votre pièce. Et ce, sans pour autant recourir à un changement d’interrupteur. Juste celui déjà existant suffira! Innovant, il faut le reconnaitre. La vision derrière cette nouveauté est qu’aujourd’hui plus de 80% des variateurs de lumière qui sont installés et proposés sur le marché sont d’ancienne génération et ne sont pas adaptés aux ampoules Led.

Ainsi, Il est désormais possible d’avoir de 10 à 100% de la capacité de l’ampoule Led avec un interrupteur conventionnel simple.

 

 

 

 

Leave a Comment

loading