Le Maroc des grands chantiers éoliens et solaires: repenser la question du transfert des technologies

Augmenter la contribution des énergies renouvelables dans le mix énergétique, est l’un des objectifs phares du Maroc, en ce qui concerne la question énergétique. En ce sens, le Royaume a mis en place, lois, acteurs et surtout projets, nécessaires pour que les moteurs de la révolution se mettent en marche.
les Filières qui à présent, fortement visées sont : le solaire et l’éolien. En effet, des projets locomotives ont été lancés, aussi bien  dans la filière solaire qu’éolienne, en un temps record. Une révolution qui, dans l’ensemble, consiste à très bien exploiter: le soleil et le vent. Détails…

Le Maroc est aujourd’hui dépendant à hauteur de 95% des énergies importées pour répondre à ses besoins, rejoignant ainsi, le groupe des grands importateurs dans la région Moyen-Orient / Afrique du Nord. Toutefois, le Royaume a pris l’engagement de se défaire des énergies fossiles importées, progressivement, en vue de faire face aux impératifs de croissance économique et de développement industriel. Et ce, dans un tissu économique, où la demande d’énergie est considérable.

L’un des piliers majeur de cette stratégie d’indépendance consiste à promouvoir la production d’électricité sur le territoire national en s’appuyant sur le programme solaire marocain. Ce dernier vise à porter la part des énergies renouvelables dans le mix à 42% d’ici 2020, ce qui va assurer, à terme, une capacité de production annuelle de 2 GW. Cette capacité de production représentera 14% de la puissance électrique prévue en 2020. De plus, le programme permettra d’économiser 1 million de tonne équivalent pétrole (TEP) et d’éviter l’émission de 3,7 millions de tonnes de CO2 par an (soit l’équivalent de l’émission de 780.000 véhicules). Le coût total d’investissement du programme est estimé à 9 milliards de dollars.

Dans le même registre, des projets locomotives, dont l’objet consiste à tirer, à très haute échelle, l’économie marocaine, ont été lancés, mettant ainsi le Maroc en tête des pays en avance en la matière. Il s’agit d’un constat permettant d’attirer les investisseurs à la recherche d’opportunité, en ramenant, avec eux, la technologie nécessaire pour une industrie marocaine intégrée et donc résiliente.

La méga-station NOOR est achevée

Depuis Ouarzazate, l’une des villes où il fait le plus chaud au Monde, le complexe solaire NOOR est en train d’éblouir, et vise à produire au moins 2.000 MW de capacités de production d’énergie électrique à partir de la source solaire à l’horizon 2020.

A terme, NOOR permettra annuellement d’économiser en énergies fossiles 1 million de tonne équivalent-pétrole et d’éviter l’émission de 3,7 millions de tonnes de CO2. En outre, d’une puissance de 200 MW, la centrale Noor II est développée sur une surface maximale de 680 ha, sur la base de la technologie thermosolaire (CSP), avec capteurs cylindre parabolique. Pour sa réalisation, plus de 3.870 employés ont été mobilisés à ce jour, et 53 entreprises interviennent pour sa concrétisation, dont 43 entreprises marocaines.

La centrale Noor III est, quant à elle, développée sur une surface de 750 ha en utilisant la technologie thermosolaire (CSP) avec Tour, et aura une puissance de 150 MW. Plus de 2.520 employés ont été mobilisés à ce jour pour sa réalisation, et 53 entreprises, dont 40 marocaines, y sont intervenues.

Et le samedi 1er avril du mois en cours, le chantier de la quatrième et dernière tranche du programme solaire Noor à Ouarzazate a été lancé. Ce dernier permettra de produire, à terme, une capacité totale de 582 mégawatts (MW). Ce nouveau et dernier chantier, dont la mise en service est prévue pour le premier trimestre 2018, sera développé dans le cadre d’un partenariat associant Masen, acteur central des énergies renouvelables au Maroc, et un consortium d’opérateurs privés mené par le groupe ACWA POWER et sélectionnée suite à un appel d’offres international.

L’éolienne au Maroc: le vent en poupe

Bon vent! Une expression qui prend tout son sens dans le programme de promotion des énergies renouvelables au Maroc. En effet, le Royaume dispose d’un potentiel éolien estimé à 6000 MW. Le dernier relèvement des ambitions du pays dans ce secteur prévoit la réalisation de 4200 MW de capacité supplémentaire d’ici 2030. Une ambition nationale dans laquelle les quatre coins du pays se sont engagés.

Les projets éoliens du Maroc sont estimés à 850 MW et porteront sur la construction
de cinq centrales éoliennes à Laâyoune (300 MW), Essaouira (200 MW), Midelt (150 MW), Tanger (100 MW) et Boujdour (100 MW). La mise en service de ces centrales est prévue entre 2017 et 2020.

Pour sa part, c’est à Tarfaya au sud-ouest du Maroc que l’industriel marocain Nareva, producteur indépendant d’électricité, a érigé le plus grand parc éolien de toute l’Afrique. Cent trente-et-une turbines sur 10 000 hectares, de quoi alimenter une ville comme Marrakech.

D’un coût de près de 500 millions d’euros, le parc de Tarfaya, qui s’étendra sur près de 20 km, devrait permettre d’éviter des émissions de CO2 à hauteur, de ce qui peut être absorbé par 150 arbres: enormissime!

Le Maroc en besoin de transfert technologique…

Le Maroc a donné départ aux grands projets moteurs de la politique énergétique du pays. Cette dernière est basée sur trois piliers: transformation, modernisation et diversification. Toutefois dans la perspective menant à ce que le Royaume soit en mesure de développer une réelle industrie intégrée ; il est important que la dimension technologique soit à jour, qui, elle est objet d’une très grande concentration entre les mains des grands groupes internationaux. Ces derniers voient le Maroc, de par sa situation géographique et de son potentiel énergétique renouvelable comme un futur eldorado.

De ce fait, la présence déjà observée de ces partenaires, financiers ou industriels,consiste à ce que le Maroc puisse accéder à une technologie de haute qualité, qui, elle, consiste à transmettre des techniques et des technologies reliées au savoir faire entre les groupes implantés ou souhaitant le faire dans le Royaume, afin d’améliorer les connaissances et l’expertise ainsi que de renforcer la position concurrentielle du Maroc.

Le transfert de technologie est une problématique de premier plan pour le développement d’une réelle industrie énergétique. Mais, cela n’a rien de surprenant pour Mustapha Bakkoury, président du Directoire de Masen, l’agence marocaine qui pilote les projets dans le secteur de l’énergie solaire. Selon lui, il est «tout naturel» que ce transfert de savoir-faire aux industriels locaux ne se fasse pas de façon systématique.

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