FENELEC & FEMADEL: TOUS POUR UN, UN POUR TOUS!

Le secteur de l’électricité au Maroc vit, à nouveau, une étape d’évolution des plus décisives. Une page douloureuse de son histoire vient d’être tournée car les divergences se sont tues et tous les opérateurs du secteur électrique se retrouvent de nouveau au sein de la Fenelec (Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables), comme ce fut le cas Jadis. Dans les coulisses de cette union retrouvée, le magazine ELECTRA a voulu vous présenter une radioscopie des dessous de cette affaire. Enquête…

«Bataille de représentativité», «guerre froide», «bras de fer», «divorce», ou encore «scission»…, les expressions n’ont point manqué pour caractériser l’épisode qu’a vécu le secteur de l’électricité au Maroc. Oui, l’histoire retiendra toujours les circonstances qui ont favorisé la rupture et la division qu’a connu le secteur électrique marocain à travers la Fenelec et la Femadel, comme repère dans cet avenir désormais commun. En effet, après trois ans, les deux fédérations enterrent la hache de guerre et renouent avec ce vieux dicton: «l’union fait la force.» Ont-elles eu raison ? Et quels sont les facteurs ayant mené à cette réunification ? Cet article vise à faire une immersion dans le monde électrique du Royaume et à voir les éléments qui se cachent dans la partie invisible de l’iceberg.

L’allégorie (douloureuse) du serpent à deux têtes: finalement n’était-ce pas une nécessité?

Nous nous rappelons tous qu’en Octobre 2015, le magazine Electra Maroc avait publié de façon délibérée, et par souci de toucher le public visé, un éditorial choc: un serpent à deux têtes. Il s’agissait de heurter la conscience commune de l’ensemble des acteurs de ce secteur qui vivait de manière polycéphale. D’où l’allusion faite à ce serpent découvert en Chine atteint de la même malformation et avait invraisemblablement deux têtes disposant chacune de son propre cerveau et agissant selon son bon vouloir. Conséquence directe : l’animal était parfois confronté à de réels problèmes de coordination puisque ses deux cerveaux n’étaient pas toujours en accord sur le mouvement à donner au corps, affectant ainsi grandement son équilibre. Il arrive en effet que chaque tête veuille aller dans des directions différentes ou même dévorer le «serpent» d’à côté, ignorant ou oubliant qu’il s’agit du même corps. Tel était le rapprochement aussi abracadabrant soit-il, qu’avait fait Electra Maroc sur la scission qu’a vécu le secteur électrique marocain en 2014. La Fenelec et la Femadel se disputaient alors la représentation du secteur, chaque partie plaidant qu’elle en est la représentante légitime d’où la pertinence de cette allégorie. Un bras de fer auquel nous avons assisté et qui pouvait être évité car la force de tout secteur, quel qu’en soit le pays ou la zone régionale, réside dans l’union de ses forces vives et dans leur capacité à défendre, ensemble, d’une seule voix, les intérêts de ses acteurs.

Cependant, dame nature ne fait rien de manière fortuite. Il est certes vrai qu’un serpent à deux têtes soit hors nature mais est-ce dénué de tout sens? Les facteurs ayant occasionné cette bizarrerie de la nature sont aussi importantes que la bizarrerie elle-même donc, le questionnement ne devrait nullement être limité à la surface. Pour en revenir au secteur de l’électricité marocain, la scission est fort regrettable mais les facteurs l’ayant impliqué le sont encore plus.

En effet, la question des intérêts individuels qui sont en jeu ont, pendant un moment, volé la vedette aux intérêts collectifs. Un moment crucial, où il était question de mobiliser les synergies et énergies des parties concernées sur les grands défis et obstacles qui gangrènent le secteur. Oui, il aurait été plus bénéfique de penser aux salariés du secteur qui vivent une situation difficile, de penser à des stratégies de facilitation d’accès aux financements pour les PME, de lutter contre la contrebande et l’informel qui nuisent à la croissance du secteur.

Voici en termes réduis quelques facteurs qui ont conduit au divorce et tout ce qui s’ensuivit (Electritec vs Elec expo…).

Toutefois, il est souvent nécessaire de se séparer de ceux qu’on aime pour mieux les apprécier ou de reculer pour mieux sauter. Les expressions sont nombreuses mais la seule vérité essentielle dans cet épisode à retenir est, que bien qu’il y avait deux entités, leurs volontés étaient communes. Les divergences de point de vue et de façon de procéder ont été beaucoup trop médiatisé qu’on en oublia l’essence: elles voulaient toute deux bien faire. Finalement, cette division n’était-ce pas une nécessité en ce sens qu’elle aurait permis aux deux parties de mieux se retrouver? Ce qui nous poussa d’emblée à nourrir l’espoir en la réussite des négociations entreprises sous la houlette de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) car cette dernière pouvait belle et bien les rassembler autour de l’essentiel.

La CGEM, symbole du tous pour un, un pour tous!

Depuis juillet 2014, la Présidence de la CGEM, assistée par Monsieur Abdelaziz TAARIJI, ex-Président de la FENELEC, a entamé ce combat pour la réunification du secteur électrique marocain et ce à l’abri de tous les regards. Un travail de fond mené par le patronat qui a suivi son processus et aura pris le temps qu’il a fallu pour murir les consciences, baisser les tensions, comprendre les divergences afin de pouvoir jouer son rôle de fédération à la « mamy choice ». En effet, avec son doigté délicat, la CGEM a réussi un pari des plus intenables du moment après trois longues années de discussion et de médiation entre les différentes parties prenantes et dont le couronnement fut le protocole d’accord signé le lundi 29 mai 2017 au sein de ses locaux à Casablanca. Un moment fort qui marque le début d’un nouvel ordre, celui de l’unité autour des préoccupations prioritaires du secteur entier pour plus d’efficacité et plus de rayonnement surtout au niveau de l’Afrique subsaharienne.

De ce fait, au duel de titans auquel nous avons assisté ces trois dernières années entre la Fenelec et la Femadel, la CGEM s’y est adjointe tel un troisième mousquetaire afin de les rassembler autour de la célèbre devise salutaire des trois mousquetaires : « tous pour un, un pour tous. »

Le Royaume et sa volonté de s’exporter sur le continent africain

Parmi les facteurs qui corroborent la nécessité de s’unir pour agir de manière efficace et synchrone dans le secteur électrique, figure la posture africaine, panafricaniste revendiquée par le Royaume. Comment réussir ce pari si ce n’est dans la cohésion ? De plus, le secteur électrique africain a grandement besoin de l’expertise marocaine en la matière et le manque de cohésion de ce dernier (le secteur électrique du Royaume) pourrait porter atteinte au blason du « made in Morocco ».

En effet, au moment où ses confrères africains peinent à atteindre un taux de 30% d’électrification, le Royaume affiche un taux surprenant de 100% et peut désormais se réjouir d’avoir réussi un pari difficile pour les pays du continent africain: celui de l’électrification rurale. Cette dernière à travers le PERG (Programme d’électrification Rurale Global) a permis en 2016 l’électrification de 349 villages par réseaux interconnectés, permettant ainsi à 11 883 nouveaux foyers ruraux de bénéficier de l’électricité. Aujourd’hui, le taux électrification rurale (TER) a atteint 99,43%, une prouesse qui relève de l’utopie pour les voisins de l’Afrique subsaharienne.

Mais, convenons en tous, les grandes Nations ne sont pas seulement celles qui savent résoudre les problèmes intérieurs. C’est aussi celles qui pèsent à l’international. Et qui savent mettre au profit leur savoir-faire pour les autres pays, dans un esprit «win-win». Le Maroc dispose d’un statut privilégié dans ce cadre, qu’il doit intelligemment mettre en oeuvre pour assoir la place qui lui revient : celle de s’ériger durablement en plaque tournante incontournable de l’économie africaine.

D’une part, par rapport à l’Europe, le Maroc bénéficie d’une situation stratégique: il est le point de bouclage de tout le réseau d’interconnexion électrique euro-méditerranéen. D’autre part, par rapport à l’Afrique, futur eldorado économique du monde, le Royaume est une porte d’entrée et un pont vers le marché africain. Rien de plus stratégique.

Voilà deux situations qui, conjuguées à la maîtrise marocaine de l’électrification rurale, exhortent, non, imposent au Maroc d’aller à la conquête du marché de l’électricité en Afrique, pour des raisons à la fois géostratégiques et culturelles, eu égard à l’attachement indéfectible du pays aux valeurs africaines et son enracinement, sans cesse réclamé par ses Rois, aux racines africaines. Quand nous voyons certaines initiatives se prendre, nous nous permettons de souffler : «Ah notre pays a compris !», et de nous permettre d’espérer qu’un jour ce rêve, pourtant à notre portée, devienne réalité.

«Action Lumière» fait partie de ces initiatives, qu’il faudra sans doute multiplier pour réussir un tel pari. Organisé conjointement par Maroc Export et la FENELEC en septembre 2014, et sur les traces des Visites Royales en Afrique, cet évènement a vu la participation de 85 entreprises marocaines, représentant toutes les filières du secteur de l’électricité. Un vrai task-force pour le Royaume dans les pays africains concernés par cette action.

Les gisements d’opportunités pour le Maroc dans cette partie du monde, et dans le secteur de l’électricité, sont énormes. Le Maroc gagnerait à les saisir. La recette est simple: renforcer davantage le secteur à l’interne, fédérer les forces de tous les acteurs pour s’exporter à travers le monde, surtout en Afrique. Les Fénéléciens et Fémadéliens l’ont sans doute bien compris, raison pour laquelle les divergences d’opinions et de points de vue ont pu être dépassées pour le bien du secteur qui ira sans nul doute avec beaucoup plus de sérénité à l’assaut de l’Afrique: tous pour l’Afrique et l’Afrique pour tous!

Le salon Elec Expo: une 11ème édition sous le signe du renouveau

Le Salon International de l’Electricité, de l’Eclairage, de l’Electrotechnique et de l’Automation Industrielle (Elec expo), revient en force pour une 11ème édition. Cette fois-ci, beaucoup plus représentative. En effet, marqué par une perte de vitesse que l’on on ne saurait omettre due à la scission qu’a vécu le secteur et aussi à un concurrent de taille Electrictec, Elec Expo sera beaucoup plus riche en terme d’exposants, de conférenciers ou même en terme de visiteurs. La raison est simple: FENELEC s’est de nouveau alliée avec FEMADEL. Conséquence directe: Elec Expo n’a plus de concurrent.

Se taillant une place de choix dans l’économie marocaine, le secteur de l’énergie électrique joue un rôle incontournable dans la croissance économique et indirectement dans le processus de développement du pays. On le sait tous, les deux structures représentatives se s’ont maintenant retrouvées et c’est le secteur électrique marocain qui en gagne.

De quoi cette fusion estelle le nom?

Comme dit plus haut dans ce dossier, cette fusion était plus que jamais nécessaire pour plus de représentativité du secteur. En effet, depuis trois ans – durée de la séparation entre les deux structures- le marché électrique était divisé et chacune des fédérations tirait les ficelles de son côté. Deux salons concurrents pour un même secteur. Conséquence: les exposants, les visiteurs, les conférenciers étaient tous ciblés selon leur parti pris sur le duel Elec Expo/Electrictec et la perte de vitesse s’abat fatalement sur tout le secteur.

Aujourd’hui, cette fusion va sans doute relancer le secteur par l’organisation du salon annuel, international Elec Expo, regroupant l’ensemble des acteurs de l’Electricité, de l’Eclairage, de l’Electrotechnique et de l’Automatisation Industrielle et des Energies Renouvelables.

Au rendez-vous d’un Salon Global de la FENELEC

Avec cette fusion entre la FENELEC et la FEMADEL, Elec Expo s’élargira davantage et l’évènement sera sans doute de taille, car regroupant trois secteurs décisifs et à fort potentiel.

En effet, du 04 au 07 Octobre 2017 à la Foire Internationale de Casablanca (OFEC) ce salon global regroupera: la 11ème édition d’Elec expo: Salon International de l’Electricité, de l’Eclairage, de l’Electrotechnique et de l’Automatisation Industrielle, la 6ème édition d’EneR Event: Salon International des Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique et la 5ème édition de Tronica Expo : Salon International des Composants, Systèmes et Applications Electronique.

Cette prochaine étape se veut un rendez-vous inédit et incontournable aux couleurs internationales, un hub régional pour les différents intervenants de ces trois secteurs-clés, bref une plateforme d’échanges et de discussions où l’offre et la demande se côtoient permettant ainsi à l’ensemble des acteurs d’un secteur, d’entrer en contact avec leurs interlocuteurs. Des Echanges, des rencontres, des conférences, des partenariats, des conventions et signatures de contrats vont animer les quatre jours de cet événement toujours très attendu par la communauté des professionnels des secteurs concernés tels que les fournisseurs d’électrotechnique, les professionnels des énergies renouvelables et des composants électroniques etc. Pour étayer ce dernier point, l’intervention de Monsieur Azelarab El Harti, Président de la FENELEC, est porteur d’optimisme et d’espoir pour les lendemains du secteur et sur la réussite de cette édition d’Elec Expo. En effet, «à deux semaines de la tenue de l’événement, nous affichons déjà complet niveau exposants avec plus de 160 entreprises. Aussi, l’engouement suscité par cette édition ne sera pas vain car un forum traitant de la problématique des énergies renouvelables, de l’électronique et des moyens de financement y sera adossée. Cette thématique des ER est portée par la volonté nationale de diversification du mix énergétique marocain sous la direction avisée de sa Majesté le Roi Mohammed VI. Comme nouveauté, je suis fier de vous annoncer également la tenue prochaine du salon ELEC EXPO Cote d’Ivoire qui rentre dans notre volet ouverture et partage de savoir avec le continent africain», nous confie le Directeur de CENTRELEC.

Dans le même ordre d’idée, l’initiatrice du Forum Afrique global Elec, chargée de la programmation scientifique a rappelé le lien entre le secteur (électricité, ER et électronique) et l’efficacité énergétique qui d’ailleurs, est la thématique phare de cette édition. En effet, «le Maroc consacre une part non négligeable à la dimension économie d’énergie dans sa politique de développement», souligne-t-elle: «réfléchir à comment aligner l’ensemble des opérateurs de nos secteurs respectifs à ces impératifs impliqués par le changement climatique et les engagements pris par le Royaume en ce sens est plus qu’un devoir mais une nécessité et une suite logique. » Pour sa part Monsieur Imad Benjelloun, Directeur de Atelier Vita, l’agence en charge de l’organisation de l’événement a insisté sur l’ampleur que prend le salon Elec et les hautes sphères, une échelle continentale, sur lesquelles se positionne désormais ce dernier. Pour ce professionnel, plus de 70 donneurs d’ordre provenant de 16 pays différents feront le déplacement lors de cette prochaine édition d’Elec Expo pour découvrir le «Made in Morocco», une aubaine.

Somme toute, 12000 visiteurs sont attendus en Octobre prochain à Casablanca pour des rencontres, des débats et des échanges qui seront sans nul doute électriques!

Une représentativité accrue, un rayonnement certain!

Cette fusion FENELEC/FEMADEL va certainement rehausser les chiffres de l’évènement car elle va carrément changer la donne aux niveaux de tous les paramètres en termes de nombre de visiteurs, d’exposants ou de conférenciers.

Plusieurs sociétés et intervenants de la production électrique, de l’éclairage, de l’électrotechnique et de l’Automation Industrielle vont se rajouter à ceux qui étaient jadis présents à la 10ème édition du Salon International de l’Electricité, de l’Eclairage, de l’Electrotechnique et de l’Automation Industrielle (Elec Expo).

Quant aux professionnels et décideurs du secteur, ils seront davantage nombreux à la 6ème édition du Salon International des Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique (EneR Event), Et de son côté, grâce à sa proximité avec le marché européen et sa grande capacité d’absorption, ainsi qu’à sa politique de soustraitance intégrée, le secteur électronique a progressé tant sur le volume des exportations que sur celui des importations. La 5ème édition du Salon International des Composants, Systèmes et Applications Electroniques (Tronica Expo) jouera davantage son rôle de vitrine idéale, pour les professionnels de l’électronique et le grand public ainsi que celle des spécialités intégrées.

Une fusion, une structure, un salon et plus de représentativité!

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